Russie

Russie

La Russie ou Fédération de Russie est le plus vaste État de la planète. Il comptait 143 millions d’habitants en 2011. Le pays est à cheval sur l’Asie du Nord (74,7 %) et sur l’Europe (25,3 % de sa superficie). Son territoire s’étend d’ouest en est (de Kaliningrad à Vladivostok) sur plus de 9 000 km pour une superficie de 17 millions de km² (soit deux fois celle des États-Unis, 31 fois celle de la France, 413 fois celle de la Suisse) et compte neuf fuseaux horaires. Sa capitale est Moscou, sa langue officielle le russe et sa monnaie le rouble. Bien qu’entourée de nombreux océans et mers, la Russie est caractérisée par un climat continental avec des milieux froids et hostiles sur la majeure partie du territoire.

La Russie dispose de ressources minières (houille, fer, nickel, diamant, etc.) et énergétiques (pétrole, gaz naturel, hydroélectricité) abondantes qui en font l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux. Elle a hérité de l’URSS une industrie lourde puissante (aciéries, raffineries, industrie chimique, etc.). Les secteurs liés à l’armement, au nucléaire et à l’aérospatiale sont également fortement développés, ce qui a permis au pays de jouer un rôle pionnier dans la conquête de l’espace.

À la fin de 1991, l’URSS éclate en quinze États indépendants souverains, dont la Russie, qui a hérité de l’ancienne superpuissance les trois quarts de son territoire, plus de la moitié de sa population, les deux tiers de son industrie et la moitié de sa production agricole. La Russie occupe aussi dans la continuité sa place dans les institutions internationales, dont le siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, tout en assumant également le passif financier de l’URSS. Elle est aussi fondatrice de la Communauté des États indépendants (CEI) qui rassemble onze des quinze ex-républiques soviétiques.

Elle demeure une fédération constituée de 83 sujets disposant d’une autonomie politique et économique variable. Le découpage, tenant compte entre autres de la présence de minorités, existait déjà dans l’ancienne URSS.

Après la fin du système soviétique à la fin des années 1980 et au début des années 1990, le pays a graduellement adopté une économie de marché et un régime parlementaire pluraliste. Aspirant à suivre la mondialisation, la Russie se considère par ailleurs le pont entre l’Europe et l’Asie. Aujourd’hui, la Russie fait partie des BRICS aux côtés de la Chine, de l’Inde et du Brésil. Elle est actuellement la dixième puissance mondiale en termes de PIB à valeur nominale et sixième en parité de pouvoir d’achat.

Plus de la moitié du pays est située au nord du 60° de latitude tandis que seule une faible partie se trouve au sud du 50° de latitude. Les montagnes qui ferment les frontières méridionales (Altaï…) empêchent la remontée des masses d’air chaud venues des régions plus méridionales ; par contre, les plaines qui dominent dans le nord du pays laissent pénétrer loin à l’intérieur des terres les masses d’air refroidies par l’océan Arctique. Il en résulte une température moyenne de -5,5 °C avec une grande amplitude thermique entre l’hiver et l’été.

Dans pratiquement tout le pays, il n’existe que deux grandes saisons : l’hiver et l’été ; le printemps et l’automne sont généralement de très courte durée et le passage des températures les plus chaudes aux températures les plus froides est extrêmement rapide.

Du fait de sa taille, le pays présente de nombreux types de paysages parmi lesquels prédominent des étendues relativement plates couvertes selon la latitude de toundra, de taïga, de forêts ou de steppes. La Russie d’Europe, définie de manière arbitraire comme la partie du pays située à l’ouest de l’Oural, présente successivement en allant du nord au sud les paysages suivants : au nord la partie la plus froide est le règne de la toundra à laquelle succède en allant vers le sud les forêts de conifères, puis les forêts mixtes (feuillus et conifères), les prairies, et enfin la steppe semi-désertique (près de la mer Caspienne). Le changement de végétation suit celui du climat. La Sibérie – la partie située à l’est de l’Oural – présente la même succession de paysages mais c’est surtout la taïga, forêt plus ou moins clairsemée composée majoritairement de conifères, qui prédomine.

Moscou est la capitale de la Fédération de Russie et la plus grande ville d’Europe. Moscou est située sur la rivière Moskova, dont elle est l’homonyme en langue russe. La ville se situe dans la partie européenne de la Russie et administrativement dans le district fédéral central. Moscou a le statut de ville fédérale. La ville est enclavée dans l’oblast de Moscou mais en est administrativement indépendante.

Moscou est la ville la plus peuplée d’Europe avec 10,22 millions d’habitants intra muros en 2008 et 14,74 millions d’habitants dans l’aire urbaine. Elle est le centre économique, politique et universitaire de la Russie, regroupant 8,9 % de la population du pays.

Moscou a joué un grand rôle dans l’histoire de la Russie : elle a été la capitale du Grand-duché de Moscou, puis de l’Empire russe avant que Pierre le Grand ne transfère la capitale dans la nouvelle ville de Saint-Pétersbourg puis est redevenue capitale en 1918 de la jeune république socialiste soviétique russe puis de l’Union des républiques socialistes soviétiques. Moscou est également connue pour son patrimoine architectural : le Kremlin avec ses palais et églises, la cathédrale Saint-Basile sur la place Rouge, la cathédrale du Christ Sauveur ainsi que les Sept Sœurs staliniennes. Le monastère Danilov à Moscou est aussi le siège du patriarche de l’Église orthodoxe russe. Le noyau historique de la ville se situe sur la colline qui domine la rive gauche de la Moskova, à l’endroit où se trouvent aujourd’hui le Kremlin et la place Rouge.

Moscou a été longtemps appelée par le peuple russe la « Mère » (Matouchka Moskva).

La ville est le siège de nombreuses institutions universitaires et culturelles de la Fédération. Moscou a organisé les Jeux olympiques d’été de 1980.

Saint-Pétersbourg est la plus grande ville de Russie par sa superficie (1 439 km2) et la deuxième ville la plus peuplée (avec plus de 4,5 millions d’habitants en 2007), après la capitale Moscou. Elle est située dans le nord-ouest du pays sur le delta de la Neva, au fond du golfe de Finlande dans la mer Baltique. Capitale de l’Empire russe de 1712 jusqu’en mars 1917 (ainsi que la Russie dirigée par deux Gouvernements provisoires entre mars et octobre 1917), Saint-Pétersbourg a conservé de cette époque un ensemble architectural unique qui en fait une des plus belles villes d’Europe. Deuxième port russe sur la mer Baltique après Primorsk, c’est un centre majeur de l’industrie, de la recherche et de l’enseignement russe ainsi qu’un important centre culturel européen. Saint-Pétersbourg est la deuxième ville d’Europe par sa superficie et la cinquième par sa population.

Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par le tsar Pierre le Grand dans une région disputée depuis longtemps au royaume de Suède. Par son urbanisme résolument moderne et son esthétique d’origine étrangère, la nouvelle ville devait permettre à la Russie d’« ouvrir une fenêtre sur l’Europe » et contribuer, selon le souhait de Pierre, à hisser la Russie au rang des grandes puissances européennes. Le centre-ville, construit sur des directives des souverains russes, présente une architecture unique qui mélange des styles architecturaux (baroque, néoclassique) acclimatés de manière originale par des architectes souvent d’origine italienne. Sa beauté alliée à l’existence de nombreux canaux lui ont valu le surnom de « Venise du Nord ». La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1990.

De sa fondation jusqu’au début du XXe siècle, Saint-Pétersbourg a été le principal centre intellectuel, scientifique et politique du pays. Au XIXe siècle, la ville devient le principal port commercial et militaire de la Russie ainsi que le deuxième centre industriel du pays, après Moscou. C’est d’ailleurs à Saint-Pétersbourg qu’éclate la Révolution russe de 1917 et que les bolcheviques triomphent. La ville connaît par la suite un certain déclin. Au début des années 1920, à la suite du transfert de la capitale à Moscou et de la guerre civile, le chiffre de la population s’effondre ; celle-ci ne retrouve son niveau d’avant 1914 qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Le siège de près de trois ans durant ce conflit décime à nouveau sa population. Tombée à moins d’un million d’habitants au sortir de la guerre, la ville se repeuple grâce à l’arrivée de ressortissants d’autres régions. Depuis cette époque, Saint-Pétersbourg a régulièrement perdu du terrain par rapport à Moscou, phénomène qui s’est accentué depuis la libéralisation du système économique russe.

Saint-Pétersbourg a changé plusieurs fois d’appellation : elle est rebaptisée Pétrograd de 1914 à 1924, puis Léningrad de 1924 à 1991, avant de retrouver son nom d’origine à la suite d’un référendum en 1991.